Collections permanentes

 

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Le musée Quesnel-Morinière
Le XVIIe et le XVIIIe siècles
Le XIXe siècle
Le XXe siècle
Art contemporain
Céramiques normandes
 
Le musée Quesnel-Morinière

Le musée Quesnel-Morinière occupe un ancien hôtel particulier du XVIIe siècle, en granit du pays, agrandi d’une orangerie au XIXe siècle. En 1823, Jean-Jacques Quesnel, époux de Marie-Charlotte Christy de la Morinière, acquiert l’hôtel et son parc. Il lègue l’ensemble à la ville de Coutances en 1852, à charge pour la commune d’aménager un jardin agréable et utile à la santé du peuple. Le "Musée de tableaux, statues et objets d’art" est créé par délibération du conseil municipal en date du 24 août 1868, à l’initiative de Basile Quesnel, directeur de l’école de dessin, peintre et lithographe coutançais, mais n’ouvre au public qu’en 1874.

Les premiers dons sont accordés par la Société Archéologique de Coutances. Les collections se constituent et s’enrichissent progressivement au hasard des dons, legs, achats et dépôts de l’Etat. En 1886, Léon Quesnel, fils de Basile, établit le premier catalogue. Lors des bombardements de 1944, certaines collections sont endommagées, voire décimées (armes, numismatique). Depuis les années 1970, achats, dons et legs se sont succédés permettant de compléter les collections existantes ou de créer de nouvelles sections.


Le XVIIe et le XVIIIe siècles

Le XVIIe est illustré par quelques maîtres de la peinture :
-  française : Simon Vouet (1590-1649) et collaborateur(s), La Cène et Le Christ au jardin des oliviers.
Ces deux tableaux pourraient provenir de l’oratoire du roi Louis XIII au Château-Vieux de Saint-Germain-en-Laye.
-  flamande : Paul de Vos (1577-1640), Combat de lions et de chiens ;
-  hollandaise : Johannes Leemans (1633-1688), Attirail de chasse ;
-  italienne : Barthélemy Biscaino (1632-1657), Moïse sauvé des eaux ;
-  allemande : Philippe Peter Roos dit Rosa di Tivoli (1655-1705), Paysage avec animaux et Intérieur de forêt.

"La Cène" de Simon Vouet et collaborateur(s)

"Retour de pêche" de Joseph vernet
Le XVIIIe est représenté par un Retour de pêche de Joseph Vernet (1714-1789), un portrait attribué à Hyacinthe Rigaud (1659-1743) et une série de huit peintures de Robert Bichue, peintre et graveur coutançais.

Robert Bichue (1705-1789) Né à Coutances, Robert Bichue séjourne à Paris vers 1737, puis revient dans sa ville natale. Il réalise alors de nombreuses peintures pour les églises de la région (Evêché, Notre-Dame de Granville...) et du Calvados (Ablon, près d’Honfleur), et décore quelques hôtels particuliers. Le plafond d’un salon de l’hôtel Quesnel de la Morinière (actuel musée) a malheureusement été détruit suite aux bombardements de 1944. Robert Bichue est aussi connu comme graveur par une vue de la cathédrale de Coutances datée 1747.


Le XIXe siècle

Parmi les oeuvres du XIXe siècle conservées, le musée expose :
-  une série de paysages : Charles Quinart (Paysage historique : Tancrède égaré), Jean-Victor Bertin, Louis-Etienne Watelet, Louis-Paul Sauvaige, Paul-Alfred Colin et Charles-Julien de la Rochenoire ;
-  quelques tableaux d’histoire : Bonaparte au siège de Toulon de Jules Rigo (1810-1892), Jésus réssuscite la fille de Jaïre de Cormon (1854-1924)... ;
-  une superbe oeuvre orientaliste : Cavalier arabe dans le sud d’Armand Point (1860-1932) ;
-  ainsi qu’un ensemble d’oeuvres du sculpteur Victor Segoffin (1867-1925) : Homme criant (bronze), Buste d’Henri Harpignies (plâtre), deux nus féminins (bois)...

Les thèmes régionaux sont particulièrement bien représentés dans les collections :

Des personnages historiques originaires du Coutançais :
-  Portrait de l’Amiral Lhermitte par Fanish. Né à Coutances en 1766, Lhermitte est nommé Capitaine de Vaisseau en 1793 puis Contre-Amiral et Baron de l’Empire en 1807. Le combat de la Preneuse de François Mayer (1805-1890) illustre un épisode de sa carrière ;
-  Portrait du prince Lebrun, archi-trésorier de l’Empire, auteur d’une traduction de la Jérusalem délivrée du Tasse, natif de Saint-Sauveur Lendelin, par Robert Lefèvre (1755-1830) ;
-  Portrait de la baronne Lhermitte et Portraits des demoiselles Lhermitte par Auguste Canzi (1818-1866)...

"Portrait du prince Lebrun" de Robert Lefèvre

Des paysages normands, pâturages ou marins :
-  L’anse Saint-Martin par Prosper Galerne (1836- ?)
-  Lingreville par Paul Liot (1855-1902)

Des artistes locaux :
-  Noël Blaizot (1792-1820)
Ce fils de marchand d’estampes parisien, originaire de Montsurvent, connaît un début de carrière prometteur quand la mort l’emporte à l’âge de 28 ans. Ce portrait de sa tante, une des pièces maîtresses du musée, est aujourd’hui le seul tableau connu de cet artiste.
-  La dynastie des Quesnel
Le musée conserve plusieurs oeuvres des frères Quesnel, Jean-Baptiste (1803-1866) et Basile (1813-1897), de leur cousin Victor (1821-1888), et aussi de Léon (1846-1892) et Théonie-Jouanna (1848- ?), enfants de Basile. Professeur de dessin au lycée de Coutances, Léon Quesnel est aussi conservateur du musée, dont il établit le premier catalogue en 1886.

"Portrait de Marianne Delannoy" de Noël Blaizot

"La cathédrale de Coutances" d’Alfred-Alexandre Delaunay (1830-1894)
A ces peintures et sculptures, s’ajoute un important fonds d’estampes et de dessins dont les thèmes principaux sont des vues de la cathédrale de Coutances (plus d’une centaine de numéros du XVIIIe au XXe), des portraits des évêques de Coutances du XVIIe au XXe siècle et de nombreux paysages de la région.


Le XXe siècle

Le XXe siècle est essentiellement illustré par des artistes originaires de Coutances ou des environs. Deux personnalités coutançaises dominent le début du siècle : le sculpteur Ernest Hulin et le peintre, illustrateur et écrivain Joseph Quesnel.

François Enault (1869-1918)
Né à Varenguebec, près de Coutances, François Enault mène une triple carrière artistique à Paris : illustrateur-caricaturiste pour les journaux, peintre et auteur patoisant. Il puise quasi-exclusivement son inspiration dans la vie paysanne de sa Normandie natale : La chapelle Saint-Germain de Querqueville, L’île de Tatihou, La foire de Lessay (huiles), La tempête à Saint-Vaast-la-Hougue (aquarelle), Les Normands (série de dix assiettes)...

Ernest Hulin dans son atelier - 16.4 ko
Ernest Hulin dans son atelier
Ernest Hulin (1882-1918)
Apprenti ébéniste, Ernest Hulin se distingue très jeune par sa passion du dessin qui lui permet d’obtenir une bourse d’étude de la ville de Coutances. A Paris, à l’école des Arts Décoratifs, il obtient, dès la seconde année, le premier prix de sculpture et, l’année suivante, le Grand Prix de sculpture. La production d’Hulin, marqué par des deuils successifs, est empreinte de tristesse et de mélancolie. Mobilisé en 1914, il décède à Strasbourg, en décembre 1918, terrassé par une grippe infectieuse.
Le musée conserve le fonds d’atelier du sculpteur (maquettes, dessins, gravures, photographies et correpsondance), donné par M. & Mme Leduc en 1976.

"Jean Thézeloup, Joseph Quesnel et René Jouenne" par René Jouenne

"Saint-Pinxit" de Guy Arnoux
Le Pou qui grimpe
Le Pou qui grimpe est le nom curieux que se donnent, vers 1915-1916, un groupe de jeunes artistes coutançais, parrainé par Adolphe Willette : Joseph Quesnel (1897-1931), René Jouenne (1897-1926) et Jean Thézeloup (1885-1968), auxquels se joignent progressivement et temporairement d’autres compagnons : Guy Arnoux, Arlette Bouvier, Gérard Cochet, Joanny Durand, Georges Laisney...
Les artistes du PQG souhaitent remettre à l’honneur l’histoire, la culture et les traditions locales en s’exprimant par le biais d’un art nouveau et populaire.
Ce qui frappe, c’est l’incroyable diversité et prolixité de leurs créations : peintures, gravures, livres illustrés, galas de charité, représentations théâtrales, poésies, chansons... Adeptes de l’ironie et de l’humour, ils inventent une fête canularesque en l’honneur d’un saint imaginaire, saint Pinxit, protecteur des peintres.
Une grande partie des productions artistiques et littéraires (plus de 500 peintures, dessins, gravures sur bois et lithographies, livres illustrés...) du Pou qui grimpe ainsi que de nombreux documents le concernant sont partagés entre le musée et la médiathèque de Coutances.

Henri Pacquet (1890-1973)
Brillant élève au lycée de Coutances, Henri Pacquet obtient une bourse pour l’école Normale, mais demande la transformation de cette bourse pour l’école des Beaux-Arts. En 1914, au deuxième jour de son entrée en loge pour le concours de Rome, il s’engage et est envoyé comme infirmier à Rennes. En 1918, il s’installe à Giverny, à quelques pas de Monet, et devient alors l’ami de Michel, fils cadet de l’artiste. Lorsque sa vue décline, il abandonne la peinture pour se consacrer au journalisme et, en 1946, se retire définitivement dans la Manche.
Le musée abrite un bel ensemble d’oeuvres de tendance post-impressionniste : des vues parisiennes, des toiles lumineuses et ensoleillées peintes à Giverny ainsi qu’un autoportrait.

Trois artistes étrangers à la région, mais liés à la vie culturelle coutançaise par des liens de voisinage ou d’amitié, sont présents au musée :
-  Adolphe Willette (1857-1926) ;
-  Charles Léandre (1862-1934), notamment représenté par deux très beaux portraits, le Portrait des nièces de l’artiste (pastel) et le Portrait de Jeanne Daireaux (huile sur toile) ;
-  Charles Picart Le Doux (1881-1959).

Portrait des nièces de l’artiste
Portrait des nièces de l’artiste" de Charles Léandre


Art contemporain

Dans les années 1980, plusieurs oeuvres contemporaines ont été acquises avec l’aide du Fonds Régional d’Acquisition des Musées : Albert Ayme, Chaminade, Jean Berthier, Bertrand-Moulin, Philippe Boutibonnes, Friedrich Brustch, Jacques Chesnel, Henri Maccheroni, Yo Marchand, Gustave Singier, Erik Varin et Gérard Venturelli.
Ce fonds s’est enrichi au cours des années 90 grâce à des dons d’artiste : Gilbert Dupuis, Marie-Geneviève Havel, Yves Picquet et Charles Gauthier.

Yves Picquet, artiste peintre, né à Coutances en 1942, réside aujourd’hui dans le Finistère. En 1998, il a offert au musée de sa ville natale la totalité de son oeuvre dans le domaine de l’estampe, soit une soixantaine d’estampes et douze portefeuilles tirés principalement dans la technique de la sérigraphie.


Céramiques normandes

Pichet marquis, Sauxemesnil, fin XVIIIe
Pichet marquis, Sauxemesnil, fin XVIIIe
Epi
Epi "Bacchus", Sauxemesnil, 1830
Fontaine hors série pour
Fontaine hors série pour "Monsieur Damecour fait à Néhou 1822"

Le docteur Stephen-Chauvet (1855-1950) compte parmi les premiers et les plus célèbres collectionneurs de céramiques normandes.
En 1969, Madame Jacqueline-Louis Gallouin-Chauvet, sa fille, fait don au musée de Coutances de la plus grande partie de cette collection, complétée par un legs en 1984. L’ensemble, consacré essentiellement aux trois grandes centres potiers du Cotentin (Néhou, Sauxemesnil et Vindefontaine), comporte également des pièces provenant de Ger, de Noron et du Pré d’Auge. Les poteries d’usage courant, concernant ce qui touche à l’alimentation mais aussi à l’hygiène et aux loisirs, sont autant de témoignages sur la vie quotidienne dans la campagne normande au XIXe siècle. Plus spectaculaires, les pièces décorées, les fontaines et les ornements de toiture gardent un caractère de rusticité qui n’altère en rien leur saveur artistique. Avec quelques pièces exceptionnelles, la collection de céramiques normandes du docteur Stephen-Chauvet constitue un des centres d’intérêt majeurs du musée de Coutances.

A lire :
> Céramiques normandes du musée de Coutances, Collection du Dr Stéphen-Chauvet, textes de Françoise Fauconnet-Buzelin et Jean-Jacques Bertaux, 1987

A cette collection, s’ajoutent :
-  du mobilier normand : armoire coutançaise d’époque Louis XIV, pétrin, vaisselier et meuble de sacristie du XVIe siècle ;
-  quelques pièces de costumes coutançais : coiffe, jupe de droguet, costume manchois traditionnel (1850) ;
-  ainsi qu’une toile peinte de Hambye.