Appartenant à un certain Julien Rihouey, avocat et procureur du roi, le jardin des plantes existait sous cette forme dès le XVIIe siècle ; en 1675 et pendant une grande partie du XVIIIe siècle, il échut à la famille Le Poupinel, seigneur de Quettreville.
Pendant la Révolution, si l’hôtel des Le Poupinel abrita successivement la gendarmerie et la mairie jusqu’à sa restitution aux anciens propriétaires, le reste du domaine fut vendu au marchand Victor Charles Laurent, qui l’exploita pendant plusieurs années.
En 1803, Antoine Charles Le Poupinel revendit l’hôtel au chevalier d’Ouessey, adjoint au Maire de Coutances. Ce dernier racheta également à Victor Laurent, en 1816, vergers, herbages et jardins, reconstituant ainsi l’ancienne propriété dans son intégralité. A la mort de Gabriel d’Ouessey en 1823, son bien fut acquis par Jean-Jacques Quesnel de La Morinière (1765-1852), descendant d’une famille de magistrats.
En janvier 1852, la ville apprend qu’il lui lègue par testament son hôtel particulier à la condition qu’il soit d’utilité publique et que les jardins deviennent un parc municipal où seraient cultivées des plantes médicinales.
Adèle Sébastien Minel (1789-1869), officier du génie retraité et aquarelliste, développa les plans du jardin en y mêlant terrasses à l’italienne, bosquets à l’anglaise, labyrinthe et jets d’eau. Un obélisque en granit fut érigé en mémoire du donateur Quesnel de La Morinière. Les travaux d’aménagement sur trois niveaux s’achevèrent en 1855 ; le jardin devint un précurseur et un modèle des jardins du XIXe siècle, tout en étant contemporain des premiers jardins paysagers parisiens.
Le jardin de Coutances a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1992. A la suite de la tempête de 1999, certains arbres ont dû être déplacés ou remplacés. L’hôtel particulier abrite les collections du musée municipal.
Tout en restant fidèle à la pensée de son créateur, le jardin s’est développé grâce à l’intervention discrète d’une cohorte de jardiniers, entretenant et renouvelant, depuis maintenant un siècle et demi, essences rares, massifs floraux, et mosaïcultures... Autant d’attraits vous invitant à venir découvrir un des plus beaux jardins de Basse-Normandie.